Entretien de parcours professionnel : ce qui change au 1er octobre 2026 pour les employeurs de l’Allier
Par Florian Thevenet — Studio 720 Avermes — 4 octobre 2026
Une échéance est passée le 1er octobre 2026, et elle concerne tous les employeurs, y compris ceux qui n’ont qu’un seul salarié. L’entretien professionnel, institué en 2014, a changé de nom et de cadre : il est devenu l’entretien de parcours professionnel sous l’effet de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025. Surtout, les accords de branche ou d’entreprise qui permettaient d’espacer ces rendez-vous au-delà de quatre ans ont cessé de s’appliquer à cette date. Pour les commerces, ateliers, cabinets et PME de Moulins, d’Avermes, d’Yzeure ou de Vichy, voici ce que prévoit le texte.
Une obligation sans seuil d’effectif
C’est le point le plus souvent mal compris. L’article L6315-1 du code du travail ne subordonne l’obligation à aucun effectif minimum : elle s’impose dès le premier salarié. Un garage de trois personnes à Avermes, un salon de coiffure de deux employées à Moulins ou un restaurant familial y sont tenus au même titre qu’une entreprise de deux cents salariés.
Le périmètre est également large du côté des salariés concernés : contrats à durée indéterminée et déterminée, temps plein et temps partiel, contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Aucune catégorie n’en est dispensée.
Le rythme : un an, quatre ans, huit ans
Le calendrier s’articule autour de trois repères. Un premier entretien est proposé au salarié dans l’année qui suit son embauche. Ensuite, un entretien de parcours professionnel est organisé tous les quatre ans avec chaque salarié présent dans l’entreprise. Enfin, tous les huit ans, un état des lieux récapitulatif du parcours professionnel est réalisé et formalisé par écrit.
Un entretien est également dû au retour de certaines absences longues — congé de maternité, congé parental d’éducation, congé sabbatique, arrêt de travail prolongé, mandat syndical — lorsque le salarié n’en a pas bénéficié au cours des douze mois précédents.
Ce que change réellement la date du 1er octobre 2026
Jusqu’à cette date, un accord collectif de branche ou d’entreprise pouvait aménager la périodicité et prévoir un rythme plus espacé que celui de la loi. Cette faculté a disparu : depuis le 1er octobre 2026, les stipulations qui allongeaient la périodicité sont caduques. Le rythme légal de quatre ans s’applique alors de plein droit, sans qu’aucune formalité ne soit nécessaire et sans avenant à signer.
La conséquence pratique est simple : un employeur qui s’appuyait sur un accord de branche pour tenir ces entretiens tous les cinq ou six ans est désormais hors des clous, même s’il n’a rien changé à son organisation. Vérifier la date du dernier entretien de chaque salarié est donc le premier réflexe utile.
Le contenu de l’entretien s’est élargi
L’entretien porte sur les perspectives d’évolution professionnelle du salarié, notamment en termes de qualification et d’emploi, et comporte une information relative à la validation des acquis de l’expérience, à l’activation du compte personnel de formation et au conseil en évolution professionnelle.
La réforme y ajoute un volet consacré aux salariés approchant la fin de carrière : les conditions de maintien dans l’emploi et les aménagements envisageables sont abordés pour les salariés situés dans les deux années précédant leur soixantième anniversaire. Un sujet concret dans un département comme l’Allier, où la part des actifs de plus de cinquante ans est élevée dans l’artisanat et le commerce de proximité.
Ne pas le confondre avec l’entretien annuel d’évaluation
La confusion est fréquente et elle n’est pas neutre. L’entretien de parcours professionnel regarde devant : compétences, formation, évolution. L’entretien d’évaluation regarde derrière : il apprécie le travail accompli, les objectifs atteints, et ne résulte d’aucune obligation légale. Rien n’interdit de les programmer le même jour, mais ils doivent rester distincts dans leur déroulé et dans les documents qui en rendent compte. Un compte rendu unique mélangeant évaluation et parcours ne permet pas de prouver que l’obligation a été remplie.
La sanction : 3 000 euros sur le compte personnel de formation
Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, l’employeur qui n’a pas satisfait à ses obligations doit abonder le compte personnel de formation du salarié concerné à hauteur de 3 000 euros. En deçà de ce seuil, il n’existe pas d’abondement automatique, mais l’absence d’entretien peut être invoquée devant le conseil de prud’hommes comme un manquement à l’obligation de veiller au maintien de la capacité du salarié à occuper un emploi — un manquement susceptible d’ouvrir droit à des dommages et intérêts. La preuve incombe à l’employeur : d’où l’importance de la trace écrite.
Le lien avec l’image de l’entreprise
Un point mérite d’être signalé, parce qu’il revient souvent dans les échanges avec les dirigeants de l’Allier. Ces entretiens sont l’occasion d’un inventaire : qui fait quoi, qui a évolué, qui a changé de fonction. Or l’organigramme publié sur un site internet ou sur LinkedIn suit rarement ces mouvements. Des photos d’équipe datées de plusieurs années, des visages qui ont quitté l’entreprise, des intitulés de poste périmés : le décalage est visible pour un candidat comme pour un client.
Mettre à jour les portraits LinkedIn des collaborateurs à Moulins au même moment que la campagne d’entretiens évite de rouvrir le sujet six mois plus tard. C’est aussi l’occasion d’un shooting photo d’entreprise à Moulins qui regroupe l’ensemble de l’équipe en une seule séance, plutôt que des prises de vue dispersées et hétérogènes. Lorsque des salariés sont photographiés, l’autorisation écrite reste requise : le point est détaillé dans notre article sur le droit à l’image lors d’une séance photo professionnelle.
Questions fréquentes — Entretien de parcours professionnel
L’obligation s’applique-t-elle dans une entreprise de moins de 11 salariés ?
Oui. L’article L6315-1 du code du travail ne prévoit aucun seuil d’effectif : l’obligation existe dès le premier salarié et couvre tous les contrats, y compris les alternants et les temps partiels. Sources : code du travail, service-public.fr.
Que devient un accord qui prévoyait une périodicité plus longue ?
Il ne produit plus effet sur ce point depuis le 1er octobre 2026. La périodicité légale de quatre ans s’applique automatiquement, sans formalité. Un accord peut toujours prévoir un rythme plus rapproché, jamais plus espacé. Sources : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, article L6315-1 du code du travail.
Quelle sanction en l’absence d’entretien ?
À partir de cinquante salariés, un abondement de 3 000 euros au compte personnel de formation du salarié concerné. En dessous, l’absence d’entretien peut être invoquée comme un manquement à l’obligation de maintien de l’employabilité, avec un risque de dommages et intérêts. Sources : articles L6323-13 et L6315-1 du code du travail.
Est-ce la même chose que l’entretien annuel d’évaluation ?
Non. L’entretien de parcours professionnel traite de l’évolution et de la formation ; il n’évalue pas le travail accompli. L’entretien d’évaluation n’est pas imposé par la loi. Les deux peuvent avoir lieu le même jour, mais doivent rester séparés dans leur conduite et leur formalisation. Sources : code du travail, service-public.fr.
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